Space Invader : un street artiste à la conquête de l'espace

François Chevalier
17/03/2015 à 16h57

Space Invader est devenu le premier artiste à installer une œuvre à bord de la Station Spatiale Internationale. Entretien à chaud avec un artiste qui repousse sans cesse les limites de sa discipline.

Jeudi 12 mars 2015, aux environs de 11 heures, temps terrestre : la spationaute italienne Samantha Cristoforetti pose un point de colle salvateur sur la mosaïque « Space2 » réalisée par Space Invader. L'œuvre du street artiste est intégrée dans l'environnement du module Colombus de l'ISS (Station Spatiale Internationale). Après plusieurs mois d'attente - la fusée Ariane 5 avait décollé le 29 juillet 2014 - la mission dirigée par l'ESA (Agence Spatiale Européenne) touche à sa fin. Space Invader peut jubiler : il est désormais le premier artiste à exposer dans l'ISS.

Envahir l'espace lorsqu'on s'appelle Space Invader, c'est d'une logique implacable... C'est complément légitime, depuis des années j'envahis l'espace urbain avec des petites créatures venant de l'espace. J'y pensais depuis depuis longtemps et j'ai réussi à m'élever de plus en plus haut pour atteindre mon but.

Ce n'est pas la première fois que l'une de vos oeuvres s'envole dans l'espace... En 2012, j'ai commencé avec les moyens du bord, en achetant un ballon météorologique sur Internet. J'ai envoyé une mosaïque (Space1 NDLR) dans l'espace et filmé son ascension à l'aide d'une Go Pro. Le voyage a duré quelques heures. Le ballon s'est élevé à plus de 40 kms du sol terrestre, ce qui m'a permis de ramener de belles images et donné l'envie d'aller plus loin. C'était un premier pas dans l'espace.

Cette fois, on ne rigole plus puisque vous avez travaillé en étroite collaboration avec des spationautes... Space1 m'a ouvert des portes. Je connaissais une personne qui travaille à l'ESA. Et je l'ai convié à la projection de mon film sur cette première tentative. Il est venu avec quelques collègues. J'ai ensuite discuté avec eux en leur confiant que j'aimerais m'élever plus haut. Et puis l'idée leur a bien plu. Ça a pris des mois. L'ESA est une organisation intergouvernementale qui implique une logistique très lourde. Mais petit à petit, c'est monté assez haut dans la hiérarchie jusqu'à ce que j'obtienne un feu vert pour démarrer la mission.

"Le street art est le plus grand mouvement artistique des années 2000"

Combien de temps faut-il pour valider ce type de mission ? Environ deux ans, durant lesquels on a l'impression de marcher sur des oeufs. J'ai été confronté à un certain nombre de complications. Tout doit être approuvé, ça nécessite d'être super précis. En milieu urbain, je n'ai pas l'habitude de travailler dans ces conditions.

Étiez-vous informé du devenir de l'oeuvre une fois à bord de l'ISS ? La mosaïque envoyée dans l'espace est partie en juillet dernier à bord du vaisseau spatial européen ATV-5 lancé par la fusée Ariane 5. Une fois à bord de l'ISS, Space2 est devenue la mascotte des astronautes. Comme on est dans un environnement de zéro gravité, la mosaïque flottait dans la station depuis plusieurs mois, en attendant qu'un astronaute veuille bien s'en occuper et l'installer définitivement.[...]

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Expositions personnelles

  1. 2012 : Derives, Alice Gallery, Bruxelles, Belgique.
  2. 2015 : Wipe Out, PMQ, HOCA Foundation, Hong Kong.
  3. 2017 : Hello my game is..., Musée en Herbe, Paris, France.